VIF. DE VOLTAIRE.
I G A
vices, el <jni se vantait d’avoir réconcilié avec l’Eglisel’abbé de l’A'ttaignant, connu par des scandales d’unautre genre.
L’abbé Gaulbier confessa Voltaire, et reçut de luiune profession de foi, par laquelle il déclarait qu’ilmourait dans la religion catholique où il était né.
A celle nouvelle qui scandalisa un peu plus leshommes éclairés qu’elle n’édifia les dévots, le curéde Saint-Sulpice courut chez son paroissien, qui lerecul avec politesse, et lui donna, suivant l’usage,une aumône honnête pour ses pauvres. Mais, jalouxque l’abbé Gaulbier l’eût gagné de vitesse, il trouvaque l’aumônier des Incurables avait été trop facile;qu’il aurait fallu exiger une profession de foi plus dé-taillée, un désaveu exprès de toutes les doctrinescontraires à la foi, que Voltaire avait pu être accuséde soutenir. L’abbé Gauthier prétendait qu’on auraittout perdu en voulant tout avoir. Pendant cette dis-pute Voltaire guérit; on joua Irène, et la conversionfut oubliée. Mais au moment de la rechute, le curérevint, bien déterminé à ne pas enterrer Voltaire,s’il n’obtenait pas cette rétraction si désirée.
Ce curé était un de ces hommes moitié hypocri-tes, moitié imbéciles, parlant avec la persuasion stu-pide d’un énergumène , agissant avec la souplessed’un jésuite, humble dans ses manières jusqu’à labassesse, arrogant dans ses prétentions sacerdotales,rampant auprès des grands, charitable pour cettepopulace dont on dispose avec des aumônes, et fati-guant les simples citoyens de son impérieux fanatisme.
II voulait absolument faire reconnaître au moins à