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Tome quatrième.
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un service solennel dans l’église catholique de Ber-lin. L’Académie de Prusse y fut invitée de sa part;et ce qui était plus glorieux pour Voltaire, dans lecamp même où, à la tête de cent cinquante millehommes il défendait les droits des princes de l’Em-pire et en imposait à la puissance autrichienne, ilécrivit l’éloge de l’homme illustre dont il avait été ledisciple et l’ami, à qui peut-être il n’avait jamais par-donné l’indigne et honteuse violence exercée contrelui à Francfort par ses ordres, mais vers lequel unsentiment d’admiration et un goût naturel le rame-naient sans cesse, même malgré lui. Cet éloge étaitune bien noble compensation de l’indigne vengeancedes prêtres.

De tous les attentats contre l’humanité, que dansles temps d’ignorance et de superstition les piètresont obtenu le pouvoir de commettre avec impunité,celui qui s’exerce sur des cadavres est, sans doute,le moins nuisible; et à des yeux philosophiques,leurs outrages ne peuvent paraître qu’un titre degloire. Cependant le respect pour les restes des per-sonnes qu’on a chéries n’est point un préjugé : c’estun sentiment inspiré par la nature même, qui a misau fond de nos cœurs une sorte de vénération reli-gieuse pour tout ce qui nous rappelle des êtres quel’amitié ou la reconnaissance nous ont rendus sacrés.La liberté d’offrir à leurs dépouilles ces tristes hom-mages, est donc un droit précieux pour l’hommesensible; et l’on ne peut sans injustice lui enlever laliberté de choisir ceux que son cœur lui dicte, en-core moins lui interdire cette consolation, au gré