4 SUR LA CONSTITUTION 'CIVILE
cuper de la constitution du clergé, mais dans celle dela rendre le plus utile possible à ceux qui profes-sent cette religion et à ceux qui ne la professentpas; car tous sont également citoyens, et touspayent également pour cette dépense.
Cette utilité se réduit à deux points : la paix etl’enseignement d’une bonne morale.
L’habitude prise par la pluralité des citoyens fran-çais d’avoir des ministres de religion entretenussur les fonds nationaux, n’aurait pu être changéeactuellement sans causer des désordres. Il était sagede conserver cette dépense au rang des dépensespubliques ; mais il ne faut pas que ce qui a été faitpour prévenir les troubles puisse en devenir unesemence, et on ne peut l’éviter qu’en empêchantles ministres de la religion de former un corps re-connu par la puissance publique. Que l’on par-coure l’histoire ecclésiastique, et l’on verra qu’il n’ya pas une seule contrée de l’Europe où les assem-blées de prêtres n’aient causé de grands maux.
Dans l’état actuel de nos moeurs, la morale de lapluralité des citoyens est unie à la religion , non passeulement dans ce sens qu’ils puisent dans la religionles motifs les plus puissants de remplir les devoirsde la morale, mais dans ce sens que les ministres dela religion se sont faits les juges de ces devoirs etsont chargés seuls de les enseigner. Cet ordre dechoses est sans doute incompatible avec la raison ,avec l’intérêt général des hommes; il est égalementabsurde et dangereux qu’une classe d’hommes secroie en droit de décider de la morale ; mais cet