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DISCOURS
tère distinctif, cette égalité qui la rend si chère atoutes les âmes élevées et pures. Pensez-vous que lepeuple voulût se soumettre à des pouvoirs dégradéspar la corruption ? Pensez-vous qu’il obéît à des loisque ce souffle impur aurait infectées? Après unerévolution à laquelle le peuple entier a pris part, etsous une constitution dont il a dicté les principalesdispositions, laisser la corruption s’introduire, c’estvouloir une révolution nouvelle.
Tant que les moyens de corruption sont bornés,qu’on sait sur quelle masse d’argent, sur quellesnominations de places elle fonde ses espérances, dèslors, comme tout ennemi dont on connaît bien lesforces, elle devient moins dangereuse. Mais lesmoyens de corruption qui naissent de l’obscuritéet du désordre des finances ont une force toujourscroissante; car c’est alors que l’on corrompt pourobtenir de l’argent, et que l’on obtient de l’argentpour corrompre; c’est alors que chaque surcharge,mise sur le peuple, devient la faculté d’acheter ledroit de lui faire supporter une charge nouvelle.
Mais quel sera le moyen de rendre impossible cegenre d’influence secrète, de prévenir ce désordredes finances, avec lequel on ne peut avoir qu’uneliberté incomplète, incertaine, orageuse, avec lequelil est impossible d’assigner des bornes au pouvoirde corrompre? C’est de séparer absolument du pou-voir exécutif l’administration du trésor public; c’estde la soustraire entièrement à son autorité. Lesbommesles plus éclairés de l’Assemblée constituantel’avaient senti : cette idée, développée par quelques-