66
DISCOURS
3° Qu’il vous sera présenté un projet sur le moded’élection ou de destitution de ces fonctionnaires.
En vous proposant ce décret, je suis bien éloignéde croire porter atteinte à cette union qui doit ré-gner entre vous et le pouvoir exécutif. Je suis per-suadé qu’il y verra, non une diminution de puissance,mais une occasion précieuse de montrer, par un actevolontaire, combien il désire mériter la confiance dupeuple, dissiper ses soupçons ; combien il dédaigneles avantages qu’il pourrait tirer de la corruption.Mais si le chef de ce pouvoir se laissait égarer par desconseils qu’un intérêt perfide aurait dictés, nous nedevons pas laisser s’affaiblir dans nos mains ce pou-voir irrésistible et suprême, que la constitution ac-corde à la volonté uniforme de trois législatures.
Nous devons transmettre ce dépôt sacré à nos suc-cesseurs, dans toute son intégrité; nous devons aupeuple de faciliter à ses représentants l’usage de cedroit, qui ne leur a été délégué que pour lui; de cedroit, garant précieux de la liberté et de la souve-raineté nationales.
C’est par ce motif qu’il convient de séparer les rè-gles générales qui sont l’essence d’un décret, des for-mes particulières qui en règlent l’exécution.
L’esprit public ne s’affaiblira point dans la nationfrançaise; nos successeurs aimeront la liberté commenous, et autant que nous : ainsi, par exemple, ilssentiront, comme nous, la nécessité de rendre letrésor public absolument indépendant des ministres.
Mais nos successeurs peuvent avoir des lumièressupérieures aux nôtres, ils peuvent voir dans les lois