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Tome douzième.
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I oo

DISCOURS

diats pourraient laisser s’introduire dans la percep-tion ; et l’on doit s’étonner, sans doute, que l’on aittrouvé des hommes assez habiles pour découvrir quela nomination des surveillants doive appartenir àcelui qui est seul intéressé à rendre la surveillanceillusoire.

Il y a plus, les commissaires de la trésorerie nesont pas des ministres assistant au conseil, travail-lant avec le roi : il ne faut pas les assimiler à un mi-nistre des finances qui aurait, sinon la volonté, dumoins le pouvoir de défendre le trésor public contreles déprédateurs, auprès du chef commun : ils neseraient pas même les hommes du roi, ils seraientles créatures des ministres.

Les membres du bureau de comptabilité ont unedouble fonction : ils sont juges de la validité despièces qui forment les comptes, et de plus, ils sontles censeurs delà manière dont on a suivi les règlesétablies par la loi, dans la recette comme dans ladépense; les faire encore choisir par le pouvoir exé-cutif, c’est vouloir que non-seulement ceux qui sontchargés de forcer les ministres à se conformer à laloi, mais ceux même qui doivent juger si ces pre-miers défenseurs des intérêts du peuple ont remplileur mission, soient nommés d’après des intentionspresque infailliblement contraires à celles qui de-vraient diriger ces choix. On sait combien peu, en cegenre, on peut compter sur une responsabilité si dif-ficile à exercer, ou sur une surveillance insuffisante,si elle n’est pas journalière, et qui cependant nepeut l’être sans entraver toutes les opérations.