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Tome douzième.
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SUR LES FINANCES.

IOI

Il faut donc ou qu’une élection nationale choisisseces agents publics, ou abandonner le trésor du peu-ple à la prodigalité ministérielle, ouvrir une sourcenouvelle de corruption, et se résoudre à ne voir ja-mais renaître la confiance.

Si, en Angleterre, elle a subsisté longtemps, quoi-que le trésor public y soit administré par des agentsministériels, c’est que cette confiance, née dans unmoment où les engagements de l’État n’avaient au-cune proportion avec ses ressources, a continuéd’exister en vertu d’une impulsion première; c’estque rien n’y présage, n’y fait craindre la destructiond’une machine depuis longtemps en activité; tandisqu’en France, c’est au moment même où une nou-velle machine s’organise, où l’on n’a pu encore enobserver le mouvement, qu’il s’agit de créer uneconfiance nouvelle.

Je sens tout ce que l’existence d’une élection na-tionale, quelle qu’en puisse être la forme, a d’ef-frayant pour des esprits serviles, tout ce qu’elle ôte-rait d’espoir à ceux qui n’ont vu dans la révolutionque l’établissement d’un système corrupteur, utile àleur fortune; mais je sais aussi quels obstacles in-vincibles ce genre d’élection, une fois établi mêmepour une seule place, oppose au retour du despo-tisme. Je sais qu’il est rigoureusement nécessaire aumaintien de la liberté, et je n’ai pas cru le devoirdissimuler aux dignes représentants d’une nationqui veut être libre.

Qui ne voit en effet que la possibilité de confierà des élus du peuple de nouvelles fonctions , deve-