1 14 LA RÉPUBLIQUE française
(le dissimuler leur mépris pour les hommes; ilsne cachent pas qu’ils ne veulent plus souffrir sur laterre que des cadavres ou des esclaves. Grâces leursoient rendues de cette imprudence qui, sans doute,ranimera, chez les peuples endormis dans l’escla-vage , le sentiment de leur dignité première. Ce nesont point les Français, ce sont les tyrans eux-mêmesqui ont sonné le tocsin de la liberté , et les écrits lesplus ardents de cette propagande qu’ils ont fait sem-blant de craindre, ne vaudront jamais un seul de leursmanifestes. Mais quelle est donc cette guerre qu’ilsviennent faire à un peuple libre ? C’est une guerrede faussaires, d’incendiaires et de traîtres.
Ils fabriquent de faux assignats, avec lesquels lahorde émigrée trompe et ruine les négociants de leurspropres alliés. C’est par la corruption et le par-jure qu’ils cherchent à pénétrer dans nos villes; ilspermettent, ils ordonnent des violences personnellescontre les patriotes vertueux qui leur sont indiquéspar ces Français parjures dont ils ont accepté lahonteuse alliance (i).
Sont-ils forcés d’attaquer une de nos places , cen’est point aux murailles et aux soldats qu’ils fontla guerre, c’est aux maisons et aux habitants; ce
(i) Si trop souvent, par une politique coupable, on s’est permisd’employer, dans une guerre contre une nation, le secours de cescitoyens rebelles, les hommes d’Etat, dignes de ce nom, ont tou-jours senti l’injustice et le danger de ce honteux moyen.
Jean de Witt, cet homme qui réunissait à tant de vertus et decourage le génie des sciences et celui de la politique, ne voulutpas que, dans la guerre entre Cromwel et les Provinces-Unies,Charles II montât sur la flotte hollandaise.