1 ï 6 LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
à partager bientôt l’asservissement ou la chute dela France. L’illusion de l’un doit cesser, mais lahaine de l’autre sera éternelle, parce que, sansparler ici des humiliations auxquelles les trahisonsde Marie-Antoinette ont exposé l’orgueil autrichien,le chef de cette puissance ne renoncera point à sesprojets contre l’Italie, contre la Suisse, contre leBrandebourg, contre l’Empire, pour le succès des-quels le dévouement servile de la France, ou la des-truction de ses forces, sont évidemment une con-dition nécessaire^
L’Autriche sait trop que, si le peuple français restelibre, elle sera forcée de respecter elle-même la li-berté de l’Europe; elle sait que la guerre entre elleet nous sera éternelle, tant qu’une révolution dansla Belgique ne placera point entre Vienne et Paristoute l’étendue de l’empire germanique; elle sait queles Etats qui forment cet empire ne doivent qu’à nous,ne peuvent conserver que par nous, ce qui leur resteencore d’indépendance, et que la crainte, l’avarice oul’orgueil ne peuvent leur faire oublier longtemps.
La cause de la France est à la fois celle de la libertédes hommes contre les rois, et de l’indépendancedes peuples contre les conquérants usurpateursou copartageurs des nations; et cette cause doittriompher.
Dans la guerre, l’enthousiasme est un signe cons-tant et certain de la victoire. Cromwell avoua lui-même à Ludlow, qu’averti par les premières défaitesdes troupes du parlement, il se crut obligé d’exciterle fanatisme de ses soldats, pour opposer la fureur