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Tome douzième.
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AVIS

I 26

rend le trône impérial héréditaire dans une branchede sa maison, mais elle acquiert une couronne deplus. Cette guerre est sans avantage pour lui, mêmed’après les calculs de l’ambition la plus commune.En vain serait-elle une suite de victoires, il n’en aurapas une ville de plus; mais il existe à trois centslieues de lui un prince de son sang, à qui elle feragagner une province; mais ce prince s’est fait unequerelle avec un autre pour des chansons, ou pourle partage de quelques arpents de neige. Ainsi, lepeuple est obligé de souffrir, non-seulement descrimes ou des vices de ses rois , mais de ceux d’unerace entière.

Si nous n’avons pas éprouvé les mêmes effets decet esprit de famille, c’est qu’au moment oii Phi-lippe V monta sur le trône d’Espagne, l’industrie, lecommerce, les arts, les lettres, la raison même,avaient fait en France des progrès que le despotismene pouvait plus arrêter; c’est que l’opinion y avaitacquis une force imposante; c’est que l’activité na-tionale a su réparer les pertes de la guerre de 1700,les désastres du système, etc., etc.

Telle est donc la véritable cause des longs mal-heurs de l’Espagne , dont nous venons de tarir lasource par l’établissement delà République française.

Toute autre combinaison n’aurait été pour ce peu-ple qu’un mal de plus : si nous avions conservéLouis XVI avec la royauté constitutionnelle, l’Espa-gne aurait été contrainte de payer les intrigues tra-mées pour étendre le pouvoir royal; on l’eût épuiséepar vingt années d’une guerre désastreuse, si un de