AUX ESPAGNOLS.
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ses ministres ou des nôtres, avait rêvé que cette guerreétait favorable à l’augmentation de l’autorité du roitrès-chrétien.
Un changement de dynastie eût exalté les préten-tions de la branche espagnole au trône de France,et la nation eût encore été sacrifiée à un système depolitique étrangère.
Éclairée par une funeste expérience, l’Espagne nepermettra point à son roi de l’entraîner dans uneguerre contre la République française; elle ne s’ex-posera point à perdre l’indépendance que notre der-nière révolution lui a rendue.
Elle ne combattra pas pour rétablir ce qui a faittous ses maux. Elle ne répandra pas son sang pourque la branche française, replacée sur le trône, l’en-traîne dans de nouvelles guerres au gré de son am-bition.
Pourquoi les deux nations ne s’uniraient-elles pas,au contraire, pour précipiter la maison de Bourbond’un trône d’où elle peut inquiéter la liberté fran-çaise, en même temps qu’elle opprime celle del’Espagne? Le peuple espagnol est digne de la liberté.Elle est encore l’objet du culte des Catalans; l’Ara-gon la regrette; les montagnes où Pélage trouva unasile ne l’ont jamais perdue. La Castille elle-même sesouvient encore de ses cortès et des efforts de l’infor-tuné Padille. Un peuple, naturellement fier, nesouffre qu’avec impatience le jougd’un gouvernementscandaleux et dilapidateur; il rougit de voir unefemme étrangère lui choisir des maîtres augrédeseshonteuses fantaisies.