AVIS
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Toute entreprise, pour conquérir la liberté, n’au-rait été qu’une imprudence dangereuse, tant que laFrance a été soumise au joug des Bourbons. Nos tré-sors, nos armées, nos flottes, auraient rendu inu-f tiles tous les efforts de l’Espagne pour sortir de la ser-vitude ; mais la chute du trône de Louis XVI a briséles fers des Espagnols comme ceux des Français.
Séparée du reste de l’Europe , l’Espagne ne tientau continent que par nos frontières ; si elle osait s’af-franchir, la République française s’élèverait, commeune barrière insurmontable, entre elle et la tyrannie;et quand bien même notre liberté pourrait être anéan-tie , ses derniers défenseurs feraient encore flotterses étendards sur les sommets des Pyrénées, et. làviendraient se briser les derniers efforts de la ty-rannie, fatiguée de ses triomphes.
L’Espagne ne serait point forcée d’acheter sa libertépar des secousses violentes. La féodalité y est presquenulle; la noblesse, qui n’y forme point un corps,n’est pas séparée du peuple par des privilèges op-presseurs; la grandesse n’est qu’une institution étran-gère, ouvrage de la vanité ou de la politique autri-chienne, qui voulait, par une simple distinction decour, instrument de corruption entre des mainsroyales, remplacer ce qu’avait d’inquiétant pour ledespotisme, l’orgueil indépendant de ces nobles ara-gonais et castillans, qui se disaient les égaux de leursrois.
Aucun grand corps de magistrature n’y défendl’autorité du prince, en ayant l’air d’en arrêter lesusurpations.