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Tome douzième.
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AUX ESPAGNOLS. 1 2g

Le clergé n’y forme ni un ordre à part, ni mêmeune corporation ; son influence est plus religieuseque politique, et c’est seulement par son crédit surle peuple qu’il exerce sur le gouvernement une puis-sance indirecte.

Mais ce crédit s’opposerait-il à la conquête de laliberté? Je ne le crois pas. La royauté, dirait-on, ledespotisme même, conviennent mieux à certainesreligions. Ceux qui veulent que l’homme reste su-perstitieux, ne veulent pas qu’il devienne libre; et,si l’on peut dire que la liberté de penser conduitnécessairement un peuple à une constitution libre,on peut dire également qu’une constitution libreconduit à la liberté de penser.

Le despotisme qui tyrannise les consciences, etcelui qui enchaîne les volontés , ont pour ennemicommun la raison, qui ne peut frapper l’un sansque l’autre n’en reçoive un contre coup dangereux.Les hommes éclairés de l’Espagne, et même les chefsdes prêtres, sentent ces vérités ; c’est pour les uns uneraison de plus pour saisir avidement l’occasion dereconquérir leur liberté politique; mais c’en est aussipour les autres d’empêcher le peuple d’en profiter;et n’est-il pas à craindre que le crédit qu’ils exercentsur lui ne leur en donne le pouvoir?

Cette crainte serait fondée, si l’on proposait àl’Espagne d’adopter tous les principes de la révolu-tion française, et non de se donner la liberté quis’accorde avec les opinions actuelles de la nationespagnole.

Or, ne serait-il pas très-possible que, dans la dis-XTT. 9