AVIS
1 3o
position générale où sont les esprits, les moineseussent besoin, pour maintenir leur crédit, de céderau mouvement du peuple, et de flatter ses opinions,au lieu de prétendre à lui imposer les leurs? N’aime-raient-ils pas mieux survivre au trône des Bourbonsque de s’enterrer avec lui? Est-il pour eux d’unesaine politique de mettre la docilité du peuple pourleurs conseils en concurrence avec ses intérêts lesplus évidents, avec ce sentiment irmé qui le porteà la liberté ?
N’avons-nous pas vu , dans la révolution française,un moment où le clergé reprenait sur les esprits dupeuple un pouvoir effrayant pour les progrès de laraison, où, si les ministres du culte avaient embrasséla cause de la liberté, à peine on eût osé réclamer pourles sectes non dominantes, quelques faibles lois d’unehonteuse tolérance ?
A qui le clergé anglais doit-il le crédit qu’il con-serve encore? A l’adresse qu’il a eue de lier sa causeà celle de la révolution de 1688 : et comme la partiedu clergé espagnol, vraiment puissante sur le peuple^tient plus à son autorité sur les consciences qu’à sonexistence politique, à ses reliques et à ses églises qu’àses châteaux, au produit des offrandes et des fonda-tions qu’au revenu de ses terres : comme d’ailleursl’état des finances est bien loin d’exiger l’opérationfaite sur les biens du clergé français, pourquoi cesmoines ne verraient-ils pas, au contraire, dans unerévolution pour laquelle ils seconderaient l’impul-sion du peuple, au lieu de la contrarier, un moyende relever leur crédit, et dans une conduite contraire,