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Tome douzième.
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AUX ESPAGNOLS.

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le danger d’en accélérer la chute? Pourquoi s’expo-seraient-ils à braver ce péril plus réel qu’on ne le croiten France, pour en éviter un autre plus éloigné , etqui ne peut tomber que sur leurs successeurs?

Ainsi, l’attachement du peuple espagnol à certainsprincipes religieux, ne serait pas un obstacle à unerévolution dans laquelle ces principes seraient res-pectés. Il les empêcherait d’imiter en tout la nôtre,mais non de faire celle qui leur convient.

Les Espagnols, dira-t-on , peuvent vouloir conser-ver la royauté et la noblesse.

Sans doute, un roi héréditaire et inviolable, quel-que borné que soit son pouvoir; sans doute, desdistinctions transmissibles, ou même personnelles,sont incompatibles avec l’égalité, sans laquelle iln’existe qu’une jouissance incomplète et précaire desautres droits de la nature. Ces vérités me paraissentrigoureusement démontrées; mais si les raisonne-ments sur lesquels je m’appuie ne paraissent pasdes démonstrations aux Espagnols, quel droit aurais-jede vouloir qu’ils préférassent ma raison à la leur? Jene leur dirai donc pas : Adoptez ce que je regardecomme nécessaire à l’existence d’un peuple libre;mais je leur dirai : Saisissez du moins ce qu’aujour-d’hui vous croyez constituer la liberté; et puisquealors il vous sera du moins permis d’examiner, dediscuter toutes les opinions, bientôt vous marcherezd’un pas plus ferme dans la route que votre couragevous aura ouverte : je ne demande point aux hommesd’aucun pays r d’aucune secte, qu’ils reçoivent telleou telle vérité, quelque importante, quelque utile

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