AVIS
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qu’elle puisse être, je leur demande seulement dela chercher, bien sûr que dans peu ils l’auront trou-vée.
Dans ce passage de la servitude à la véritable li-berté, les peuples, destinés tous à un entier affran-chissement, doivent parcourir avec plus ou moinsde rapidité l’intervalle qui les en sépare. Une révolu-tion qui trouvera peu d’obstacles sera difficilementune révolution complète. Une révolution qui iraitau delà des idées du peuple, serait exposée à pren-dre bientôt après une marche rétrograde. Une ré-volution qui n’en serait une que pour une por-tion des citoyens, peut n’avoir qu’une courte durée.
Ce qui importe à l’Espagne comme à nous, à laliberté générale comme à la nôtre, c’est que le peupleespagnol s’affranchisse de la tyrannie étrangère desBourbons. C’est qu’il se donne une constitution li-bre, ou du moins regardée comme telle par lui-même, et que, dans cette constitution, le pouvoirne soit confié qu’à des hommes qui ne puissentavoir un intérêt de famille contraire à celui de lanation.
Alors le peuple espagnol reprendra bientôt, dansl’Europe, le rang où la nature l’avait appelé. Deux ca-ractères semblent distinguer son génie, la grandeuret la finesse. Une longue oppression l’a enchaîné;mais elle n’a pu le détruire. Des hommes profon-dément instruits dans les sciences , dans les arts, s’ymontreront à la voix de la liberté. Le gouverne-ment les encourageait ; mais c’était pour les con-damner à une inutilité plus certaine, en ne leur