AUX BATAVES.
j4i
plus d’audace. Et quand , délivrés par sa mort de larace des ennemis de votre liberté, des assassins deses défenseurs, fatigués de votre affranchissement,vous avez, après un demi-siècle , cherché de nou-veaux tyrans dans les restes dégénérés d’un nom cé-lèbre par vos victoires et par vos malheurs, quel aencore été le fruit de votre faiblesse? Ils n’ont reçula puissance dont vous les avez revêtus , que pour ladéposer entre les mains du maître auquel l’Angleterreet l’Autriche leur ordonnaient d’obéir, et elle n’aété retirée à Louis de Brunswick, que pour en in-vestir une femme étrangère, aussi avide de vos tré-sors qu’ennemie de vos droits. Il semblerait que ,pour vous punir d’avoir violé ses lois, en établis-sant un pouvoir héréditaire, la nature ait voulu vouscondamner à en éprouver, en peu d’années, tout ledanger et toute l’ignominie.
Quelle fatalité vous a donc entraînés deux fois dansce piège, si funeste à votre liberté? Reconnus parles successeurs de Philippe II; obligeant la France,qui vous avait défendus, et la maison d’Autriche,qui vous avait opprimés, à vous prendre pour arbi-tres de leurs différends; devenus les rivaux en puis-sance navale de cette même Angleterre, qui, dansles premiers jours de votre liberté, vous avait vendusi cher ses orgueilleux et équivoques secours, vousavez cru que la même constitution, avec laquellevous aviez exécuté de si grandes choses, convien-drait à votre nouvelle grandeur, et que, si elle vousavait conduits à cette étonnante prospérité, elle pour-rait également vous la conserver.