ADRESSE
i/p
Mais ces faibles liens, formés entre les sept pro-vinces, suffisant pour réunir leurs volontés quandil s’agissait de combattre l’oppresseur commun, oud’assurer la liberté des mers contre une puissanceambitieuse, se sont trouvés trop faibles quand il afallu se concerter sur des intérêts moins évidentset plus compliqués; et au lieu de resserrer ces liens,au lieu d’abaisser ces barrières, qui séparent vosrépubliques, devant les principes d’une évidenteidentité d’intérêts et d’une généreuse fraternité,vous avez cherché, dans la restauration d’un pou-voir dangereux pour la liberté, cette unité politiquedont vous éprouviez le besoin.
Lorsque vous combattiez pour votre liberté reli-gieuse et pour votre indépendance, le peuple,occupé de ces grands objets , apercevait à peine quedes privilèges de noblesse et de bourgeoisie lui lais-saient seulement le nom de citoyen , et le reléguaientorgueilleusement dans la classe des sujets; mais,pendant la paix, cette inégalité humiliante se fitbientôt sentir, et le peuple voulut avoir un prince,parce qu’il était las de la domination héréditaire desmagistrats et des nobles.
Tout peuple nombreux, pauvre, sans instruction,s’il est privé de ses droits politiques, se changebientôt en une populace à la fois séditieuse et vile,également prête à se soulever contre les lois, et àbriser la main d’un tyran, toujours disposée à se re-poser dans le despotisme d’un seul; de cette tyrannieinquiète et minutieuse de plusieurs, à laquelle, nil’obscurité, ni l’indigence ne peuvent échapper.