AUX BATAVES.
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Ainsi, vous avez eu des maîtres, parce que vous n’avezpas senti assez fortement le danger de conserver dessujets, et la douceur de n’avoir que des frères. Cefut la seule erreur de Jean de Witt, et cette erreurlui coûta la vie comme à vous la liberté.
Ces fautes, qui, deux fois, vous conduisirent austathoudérat, ont , bien plus que les armées prus-siennes , arrête le succès de votre dernière révolution.Il n’en est plus de possible en faveur de la liberté,si on ne l’offre égale et entière à la masse universelledu peuple; et l’exemple de la Pologne vient de l’at-tester encore. Si la diète eût appelé les paysans à ladignité d’hommes libres, toute la puissance de laRussie se fût brisée contre l’enthousiasme d’une na-tion rétablie dans la jouissance de ses droits, et Ca-therine eût bientôt craint pour elle-même cette con-tagion delà liberté, qui effraye aujourd’hui les des-potes voisins de la France.
Bataves, voulez-vous être libres? Que vos sept ré-publiques, confondues dans une seule, n’aient plusqu’une seule volonté, que tous les citoyens aient unégal intérêt à défendre des droits qui soient les mêmespour tous ; alors, vous verrez le peuple fouler auxpieds la honteuse couleur de la servitude pour ar-borer celle delà liberté.Ne craignez plus qu’il fatiguevos oreilles de son vil enthousiasme pour le nomd’Orange, quand il pourra prendre le mot d’égalitépour son cri de ralliement ; c’est en séparant le richedu pauvre, le noble du paysan, le citoyen du ma-gistrat; c’est en semant la jalousie entre des pro-vinces inégales en puissance ou en richesses, que