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Tome douzième.
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ADRESSE

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les stathouders sont parvenus à vous rendre les ins-truments de votre propre servitude, à se jouer devos efforts, toujours partiels et mal combinés.

Citoyens bataves, qui, dans l’état actuel, jouissezde tous les avantages de votre faible et trompeuseliberté; qui, dans cette séparation de provinces,trouvez de quoi satisfaire plus sûrement des vuesétroites d’une ambition municipale, hésiteriez-vousà faire ce sacrifice? Croyez-vous aujourd’hui que ledroit de l’égalité, si hautement déclaré par la France,puisse encore rester longtemps un secret? Croyez-vous que les habitants d’Amsterdam ou d’Utrechtaient plus de peine à le comprendre et moins d’en-vie de s’en ressaisir que ceux de Nice et de Cham-béry? Croyez-vous que les cris qui proclameront l’é-galité dans la Belgique ne seront pas entendus au delàde l’Escaut? Croyez-vous que vos frères n’aimeront pasmieux être Bataves et libres , que sujets delà seigneu-rie de Groningue ou du comté de Hollande? Depuisprès de trois siècles, la Bretagne faisait partie de lamonarchie française, et les Bretons formaient encoreun peuple séparé. On n’eût pu essayer de changer unde leurs usages, d’abolir une de leurs coutumes, sanss’exposer à faire couler le sang ; on leur a dit, au nomde l’égalité : Ne soyez plus que Français ! et ils ont volépour se confondre avec leurs frères. Il est naturel detenir aux usages locaux sous lesquels on a vécu, deles croire les meilleurs, d’attacher une sorte d’orgueilà ne pas les sacrifier à ceux d’un autre pays; mais ilest aussi dans le cœur de l’homme d’immoler ces fai-blesses de la vanité et de l’habitude à l’enthousiasme