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AUX GERMAINS.
villes, sentiront la nécessité de se rapprocher du peu-ple; de l’appeler à la liberté pour conserver la leur;de lui sacrifier une partie de leurs privilèges, pour nepas perdre tous leurs droits; de lui faire partager leurindépendance pour qu’il les aide à la défendre contreles rois; ou enfin, le peuple, fatigué d’être le jouetet la victime d’une hiérarchie de tyrans, instruit deses droits par les Français, aura le courage de s’enressaisir, et enveloppera dans une destruction com-mune toutes ces institutions, à l’aide desquelles onavait assujetti à des lois le partage de ses dépouilles, etfixé suivant quelles formes régulières il serait permisde le soumettre à tous les genres d’humiliations etde violences.
I. La première de ces combinaisons est la moinsvraisemblable. Toutes les religions ont un terme; etcelui de la superstition royale est arrivé.
Une religion est bien établie; le peuple entier lacroit ; quiconque oserait la nier serait un monstreindigne de vivre; on se cache d’un doute commed’un crime. Cependant la raison fait des progrès;on se communique en secret ses objections; quel-ques hommes de courage élèvent la voix; rien n’estencore changé à l’extérieur; mais les esprits ne sontplus les mêmes : bientôt cette religion n’est qu’unefable qu’on respecte par habitude, qu’on soutientpar politique. L’édifice est debout; mais la base a étésourdement minée; il survient une légère secousse,etses débris sont dispersés sur la terre.
Ainsi, les hommes ont pu croire autrefois à lasainteté du pouvoir des rois, se persuader qu’ils se-