À.UX GERMA.IMS. I 59
silence, peut sonner encore le réveil du peuple etl’heure de la liberté.
Cette entière révolution serait facile dans les villesd’Allemagne, qui toutes renferment des hommeséclairés. Elle le serait même dans les campagnes di-visées en communes. La petitesse de la plupart desÉtats faciliterait les réunions premières, tandis queles limites des cercles deviendraient celles d’un se-cond ordre de réunion.
Qu’alors les peuples soient assez sages pour écar-ter d’eux cette jalousie, compagne utile, mais dan-gereuse de l’amour de la liberté; que, dans unepremière convention nationale, ils ne s’arrêtent pasà la disproportion d »3 la représentation , à l’influenceinégale des divers États ; que la conviction intimede l’identité d’intérêts, de la difficulté d’introduire
citoyens croyaient que leur liberté était violée, ils sonnaient unecloche, appelée vetchevoi , du mot vetche, qui désignait ancienne-ment en Russie des assemblées générales du peuple. Elles avaientlieu dans toutes les possessions de la nation russe.
L’usage s’en est aboli peu à peu; mais Novogorod le conserva.Au son de cette cloche, tous les citoyens se réunissaient, et lepeuple en corps reprenait l’exercice de ses droits. La crainte dece signal terrible contenait les despotes; mais Novogorod futprise en 1/476, et le vetchevoi transporté à Moskow, où il n’a plusété employé qu’à sonner la prière.
L’histoire de la liberté chez tous les peuples connus serait,dans l’époque où se trouve l’Europe , un ouvrage presque néces-saire. On y verrait que l’ignorance a bien plus contribué à établirla servitude, que les passions, la force ou la crainte, et par là onapprendrait à juger ces hommes qui, en dédaignant les lumières,en calomniant ceux qui peuvent les répandre, tendent à nousreplonger dans l’ignorance, et par conséquent dans l’esclavage.