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Tome douzième.
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AUX GERMAINS.

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Je demande, à mon tour, quelles campagnes dé-sertes sont demeurées en friche , quelles manufac-tures ont été abandonnées, quel art, quelle sciencerestent sans culture? Notre théâtre ne s’est-il pas en-richi d’ouvrages dignes de la liberté? Les grandstravaux nécessaires pour fixer une unité naturelle demesure et de poids, n’ont-ils pas été conçus, entre-pris, presque exécutés depuis la révolution? Eh!quand il serait vrai que nous eussions payé tropchèrement le bonheur inestimable d’être égaux etlibres; vous, que nos fautes et nos malheurs aurontinstruits; vous , qui n’aurez à combattre ni les sour-des conspirations de princes parjures, ni le patrio-tisme hypocrite de vos nobles, ni la ligue desdespotes réunis; vous , qui formez seuls les arméesdes derniers ennemis du genre humain, que pour-riez-vous craindre? Dans quelle autre partie du mondela tyrannie trouverait-elle des soldats à vous oppo-ser? Nos ennemis intérieurs avaient des complicesdans toutes les cours de l’Europe et sur tous lestrônes. Réduits à nous-mêmes, trahis partout avecimpunité, ne trouvant nulle part une force qui pûtnous défendre, si un moment d’erreur nous livraità des traîtres, il nous a bien fallu tomber, par degrés,dans une défiance souvent exagérée et toujours funeste.Mais, vous, à qui il ne reste qu’à cultiver ce champdelà liberté que nous avons été forcés de défricher;mais vous qui, sans révolution, trouverez chez nousce point d’appui que pendant la nôtre vous prêtiezà nos ennemis, vous balanceriez encore!

Je sais que la liberté du monde ne dépend plus