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milles accréditées l’ont emporté sur ceux de la nationsuisse.
Depuis la constitution du 3 septembre 1791, iin’existait pas en France un homme éclairé qui nesentît que l’obstination du roi à conserver un régi-ment de gardes suisses, malgré les dispositions ex-presses de l’acte constitutionnel, devait amener degrands malheurs. L’Assemblée nationale n’a rien né-gligé pour les prévenir.
Parcourez nos procès-verbaux, et vous verrezsans cesse les députés patriotes solliciter l’éloigne-ment des gardes suisses. Nous ne pouvions pastromper le peuple, en lui disant que vos compa-triotes, que nous savions être séduits parleurs chefs,être travaillés par des émissaires de la cour, n’étaientpas dangereux pour notre liberté. Nous voyions ladéfiance et l’animosité entre eux et nos concitoyens,s’accroître chaque jour d’une manière effrayante.Nos efforts ont été rendus inutiles par la perfidie duchâteau : au moment même où, la constitution àla main, nous demandions le départ de celte gardeproscrite par elle, le roi en avait rempli secrètementson palais. Au moment où il l’abandonna pour cher-cher sa sûreté dans l’Assemblée nationale, il laissaaux Suisses l’ordre de faire feu sur les Français; etcet ordre fut exécuté à l’instant même où des parolesde paix étaient portées et reçues. Ce n’est donc pasau peuple français , Monsieur, c’est à une cour cons-piratrice que vous devez imputer la mort de vosconcitoyens. Elle est le crime, non de la nation, maisdu roi.