Band 
Tome douzième.
Seite
172
JPEG-Download
 

LKTTll K

I 72

IN’oubliez pas que Joseph II faisait chercher cestitres dans vos archives, qu’il payait des traîtres poul-ies y voler.

Vous n’êtes plus ce peuple pauvre qui n’avait quedu fer. D’immenses capitaux, produit de votre in-dustrie, ont été versés sur ce sol jadis ingrat, aujour-d’hui fertile ; vous avez des villes riches, commer-çantes; vos terres se vendent plus chèrement qu’enaucun pays du monde; vos citoyens ont de l’or, vosEtats ont des trésors, vous êtes devenus dignes detenter l’avidité des despotes, et ils ne vous épargne-ront pas.

Comparez avec moi le résultat de deux systèmes,entre lesquels vous avez à choisir : celui de votreunion intime avec la France libre et triomphante,celui où la France, abandonnée ou attaquée parvous, pourrait être subjuguée ou forcée de sou-mettre sa politique à celle du cabinet de Vienne.

Dans le premier , votre indépendance est assurée :une république de vingt-six millions d’hommes vousla garantit et par loyauté et pour l’intérêt de sa sû-reté. Dans le système contraire, entourés de toutesparts par les possessions de la maison d’Autriche oudes princes soumis à sa puissance, vous n’aurezque l’indépendance qu’elle voudra vous laisser, vousne serez libres que si elle aime mieux vous ruinerque vous conquérir.

Supposons que les rois se prêtent au délire del’ambition de quelques Bernois ; que Neufchâtel et laFranche-Comté soient le prix de la guerre que lecanton de Berne ferait à la liberté : quel bien en ré-