Band 
Tome douzième.
Seite
173
JPEG-Download
 

* * *

A M , ETC.

173

sulterait-il pour vous? D’être, sous le nom d’alliés,les esclaves de l’orgueil d’un de vos co-États, oud’être partagés entre la France et l’Autriche réuniescontre vous.

L’exemple de la Pologne doit effrayer toutes lesnations indépendantes; et il faudrait être aveuglepour ne pas voir que le système des partages estdevenu celui des grandes monarchies.

Songez que vous êtes l’unique barrière entre lamaison d’Autriche et l’Italie, où cette puissance règneseule en ce moment ; songez qu’elle ne négligera au-cun moyen d’assurer cet empire aujourd’hui précaire,qu’elle ne doit qu’à la faiblesse du roi de Sardaigne,à la corruption de Venise, aux trahisons de la reinede Naples.

Un traité entre nous est facile à faire. La garantierespective de l’intégrité de la France et des Étatssuisses, la garantie non moins importante de leurindépendance en serait la base.

La condition serait, pour la Suisse, de fournir desarmées pour défendre la France de toute attaque surla frontière d’Italie et sur celle d’Alsace jusqu’à Lan-dau. La condition, pour la France, serait de dé-fendre la frontière de la Suisse du côté de l’Italie etde celui de la Souabe. Dans ces deux suppositionsd’attaque, la puissance alliée se trouve sur le flancdes ennemis de la puissance attaquée.

Des intérêts aussi évidents, aussi puissants, ceuxde votre liberté, ceux de votre indépendance, se-raient-ils donc balancés par la crainte de l’introduc-tion des principes français? D’abord , quel mal vous