SUR LA. RÉVOLUTION DE )688, ETC. 2ü3
été conféré, mais à des citoyens élus à haute voisparles représentants du peuple.
En convoquant une Convention nationale, loin del’astreindre à des formes contraires à l’égalité natu-relle, on n’a conservé, des formes établies pour lesassemblées de représentants du peuple, que cellesqui conservent cette égalité dans toute son étendue;on n’a pas même voulu les prescrire, mais on s’estborné à une simple invitation, de manière que lesdroits naturels et primitifs de l’homme ont été scru-puleusement respectés. Ainsi, la Convention françaiseporte dès lors un caractère de légitimité que n’a puavoir la Convention anglaise, sous l’empire d’une iné-galité établie, à la vérité, par des lois antérieures,et sous l’influence d’un prince à la tête d’une armée,et intéressé dans la cause que l’on allait juger.
Deux opinions partageaient alors les amis de la li-berté : les uns, mais en petit nombre, reconnaissaientle principe sacré de la souveraineté inaliénable, im-prescriptible du peuple, quoiqu’il n’eût pas étéencore rigoureusement analysé, que personne nel’eût exposé dans toute son intégrité, et n’en eût dé-veloppé toutes les conséquences.
Suivant cette opinion, toutes les autorités exis-tantes émanaient du peuple, et pouvaient £tre légiti-mement destituées par lui, et rétablies sous denouvelles formes. Les rois, comme les autres ma-gistrats, n’étaient que les officiers des peuples qu’ilsgouvernaient.
Suivant une autre opinion , il existait entre lesrois et les peuples un contra! originaire qui les liait