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Tome douzième.
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23i de la république ,

les bornes après se l’être rendu personnel ? Quepourrait-on craindre d’eux, sinon des oppressionsparticulières auxquelles il faut opposer, non un roi,mais des lois et des juges ?

V. Enfin , dit-on, un roi est nécessaire pour don-ner de la force au pouvoir exécutif. Mais, dans unpays libre, il n’existe de force réelle que celle de lanation même ; les pouvoirs établis par elle et pourelle, ne peuvent avoir que la force qui naît de laconfiance du peuple et de son respect pour la loi.Quand l’égalité règne, il faut bien peu de force pourforcer les individus à l’obéissance, et l’intérêt detoutes les parties de l’empire est qu’aucune d’ellesne puisse se soustraire à l’exécution des lois que lesautres ont reconnues.

On parle toujours comme au temps où des asso-ciations puissantes donnaient à leurs membres l’o-dieux privilège de violer les lois, comme au tempsoù il était indifférent à la Bretagne que la Picardiepayât ou non les impôts; alors, sans doute, il fallaitune grande force aux chefs du pouvoir exécutif;alors nous avons vu que même celle du despotismearmé ne suffisait pas.

Il a existé des abus, des dangers contre lesquelsl’existence d’un roi était utile; et sans cela y aurait-il jamais eu des rois? Les institutions humaines lesplus vicieuses sont-elles autre chose que des remèdesmaladroitement appliqués à des maux imaginairesou réels? Croit-on que des hommes se soient jamaisfait du mal pour le plaisir de le souffrir? Croit-ouque leur soumission, toujours volontaire dans l’ori-