d’un CONSEIL ÉLECTIF. 257
mais qui suspendrait l’activité du pouvoir exécutif,et nuirait à la maturité des décisions des législatures.
On parle de la majesté du trône! mais deshommes honorés du choix libre et pur d’un peupleentier, ne sont-ils pas plus imposants aux yeux d’unêtre qui n’a pas renoncé au bon sens, qu’un seulhomme qui doit tous ses titres au hasard ? Dans unpays qui n’est pas dominé par la superstition poli-tique, le contraste de la dignité du trône avec lesvices ou l’incapacité de celui qui l’occupe, aviliraitbientôt cette majesté prétendue; le trône ne peutsubsister longtemps sous les yeux de la raison pu-blique, et il faut, ou que les chefs des nations con-tinuent de se livrer aux préjugés, ou qu’ils cessentde vouloir leur donner des rois.
Si l’on veut que ces ministres aient un éclat quifrappe l’imagination, on le peut sans blesser l’éga-lité, sans affliger les regards du pauvre par le spec-tacle d’un luxe payé par lui. Que, réunis dans lemême palais, ils aient chacun un appartement publicoù les arts déploient cette magnificence sévère quiconvient aux peuples libres; que les statues des Aris-tide, des Caton, des l’Hôpital, des Turgot, y soientla leçon de l’homme public, et l’espérance de ceuxqui sollicitent sa justice; que les salles où le con-seil s’assemble montrent l’image des législateurs,des libérateurs, des précepteurs des nations ; queles murs offrent partout l’exemple des vertus pu-bliques; alors vous encouragerez les arts sans flat-ter la vanité du ministre, à qui tout rappellera quesa dignité n’est que celle du peuple.
XII.
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