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Tome douzième.
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SUR L INSTITUTION

Qu’un appartement particulier pour les ministreset pour leur famille, simple, mais commode, ne pré-sente que des meubles modestes, fournis par la na-tion ; que les chevaux nécessaires pour leur serviceou pour leurs voyages, les domestiques dont ils ontbesoin, comme fonctionnaires publics, soient aussipayés par elle, et qu’ensuite ils n’aient plus que demodiques appointements. Dès lors, à leurs yeux,comme à ceux du peuple, l’homme public sera séparéde l’homme privé; la magnificence plus ou moinsnécessaire à l’un ne fera point contracter à l’autredes habitudes corruptrices. En quittant sa place, iln’aura point à en changer, à en faire changer sa fa-mille, ce qui souvent est plus difficile et plus pé-nible. Il n’aura rien gagné en parvenant à une place,il ne perdra rien en la quittant.

Au moyen de ces élections, faites d’avance, dontle résultat est inconnu, les intrigues des hommesdéclarés éligibles seront peu dangereuses. Si l’oncraint que l’esprit des quatre-vingt-trois assembléesd’électeurs soit trop facile à connaître, si on jugequ’un intrigant ait assez de moyens pour calculerd’avance les résultats de ces scrutins secrets, rien neserait plus facile que d’y remédier, en faisant lesélections par district; et alors on ne craindra pas,sans doute, qu’un homme puisse avoir des émis-saires dans chacun.

Quant à l’unité dans le gouvernement, elle estsuffisamment assurée, en établissant que le conseilsoit toujours complet, et que les suppléants soientnommés par les titulaires, tandis que la destitution