SÜll LE JUGEMENT DE LOUIS XVI. 29 1
peuple; de terminer un assez grand nombre de loisciviles, nécessaires pour établir une véritable égalité,pour compléter l'affranchissement de plusieursclasses nombreuses; d’organiser l’instruction pu-blique et les établissements de secours; enfin deveiller sur la défense, comme sur la tranquillité del’État, dans un instant où nous avons à la fois uneligue puissante à combattre, les restes épars d’uneou de plusieurs grandes conspirations à étouffer, etle système social à régler jusque dans ses premièresbases.
Pouvons-nous, au milieu de tant d’occupations,consacrer une portion de notre temps à la suited’une procédure dont il faudra nous soumettre àsuivre rigoureusement toutes les formalités? Com-ment pourrions-nous éviter à la fois le reproche, oud’avoir prononcé avec trop de légèreté et de préci-pitation, ou d’avoir perdu, à juger un homme, untemps réclamé par la nation tout entière?
Quand bien même, dans ce moment, le peuplenous verrait sans peine nous charger de cette fonc-tion, ne devons-nous pas craindre que la négligenceforcée de ses autres intérêts, que des incidents quilui feront apercevoir les inconvénients de cette cu-mulation de pouvoirs, que des discours, des motséchappés , des mouvements d’approbation ou d’hu-meur, qui jetteront des nuages sur notre impartialité,ne changent bientôt cette première approbation enreproches?
L’attitude d’un tribunal doit être plus sévère quecelle d’une assemblée délibérante; et en changeant
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