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Tome douzième.
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OPINION

2.9a

d’un jour à l’autre de fonction , pourrions-nous nousrépondre de changer aussi nos habitudes?

Déjà, des frontières de la France, et bientôt desextrémités de l’Europe, la voix de la calomnie se faitentendre. Ce n’est point le peuple, dit-elle, qui veutque Louis soit jugé, c’est une poignée de factieuxatrabilaires, qui ont égaré ou subjugué les espritsincertains et timides. En vain l’Assemblée législative,que de longs combats contre les complots de lacour avaient irritée, s’est renfermée dans les limitesétroites que la constitution lui avait tracées; envain, dédaignant d’imiter l’ambition usurpatrice dulong parlement d’Angleterre, elle s’est empressée deremettre au peuple des pouvoirs qui ne suffisaientplus pour le sauver; en vain la Convention est-elleformée d’hommes revêtus de la confiance nationale,postérieurement aux événements qui ont précipitéLouis XVI du trône constitutionnel : les ennemis dela république française n’en oseront pas moins pré-senter à tous les peuples, comme les ennemis d’unroi détrôné, ceux qui exercent les pouvoirs dont il aété dépouillé. Eh bien, imposons silence à ces crisde la tyrannie inquiète, de la servitude effrayée parla chute d’une de ses idoles! Que la nation entièrenomme les juges, et que son vœu ne puisse plusêtre méconnu.

La plupart des motifs qui doivent nous éloignerde remplir les fonctions de juges, nous interdisentégalement de les choisir.

C’est à la nation seule que ce choix peut être ré-servé, Elle seule peut être regardée comme absolu-