LETTRE JJE JUNtUS
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payez-vous de gros subsides aux dépens des Anglais,et lui garantissez-vous , au prix de leur sang, lele reste de ses États. A-t-il, en récompense, cédéson titre à son cousin George, pour fortifier unpeu son droit héréditaire, et le débarrasser, à l’é-gard de la nation britannique, d’une reconnaissancequi commence à lui peser?
Mais vous en voulez à la Convention nationaled’avoir osé punir un conspirateur qui s’était appeléroi. Est-ce qu’un peuple perdrait le droit de punir unmagistrat infidèle et parjure, sous prétexte qu’on aoublié d’insérer dans le livre des lois le mode de lejuger? Est-ce que la liberté de corrompre , de trahir,d’ordonner le meurtre avec impunité, peut jamaisêtre un privilège légitime, attaché à une place ou àun nom? Oseriez-vous soutenir une telle doctrineen plein parlement, l’y soutenir sans restriction,sans équivoque? Lisez les Lettres de Caton (i), vousverrez qu’on prêchait publiquement celle de laraison et de la vraie morale en Angleterre même,il y a plus de soixante ans, sans que les ancêtres deGeorge 111 osassent s’en fâcher.
C’est évidemment en faveur d’un droit héréditaire,indépendant du peuple, c’est en faveur de l’impu-nité des tyrans , que George fait la guerre à laFrance. Ce sont les droits d’une nation trop con-fiante qu’il combat sur un territoire étranger, aux
(i) Ouvrage périodique devenu très-rare, publié par Gordonet Trenchard dans les premiers temps de la domination hano-vrienne.