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Tome douzième.
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A WILLIAM P1TT.

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dépens de cette nation même, pour les lui ravir en-suite avec plus de sûreté. Mais si George peut lé-gitimement faire la guerre aux Français, parce queles principes de leurs législateurs lui paraissent con-traires à la morale, les rois de Hongrie, de Prusseet d’Espagne pourraient aussi légitimement attaquerl’Angleterre, s’ils s’avisaient d’avoir des scrupulessur la morale de la chambre des communes, qui re-fuse à l’oint du Seigneurie pouvoir de mettre arbi-trairement des taxes. Louis XIV, envoyant Tourvillerétablir chez nous le papisme et la tyrannie , eût punous adresser votre manifeste. Mais . heureusementpour la France, Tourville fut battu , comme heureu-sement pour l’Angleterre, vous venez de l’être à Tou-lon ; car les revers des rois, quelque cher qu’ils coû-tent aux nations, ne sont pas toujours des malheurspour elles.

Direz-vous que les principes suivis par les Fran-çais à l’égard des puissances étrangères, suffisentseuls pour justifier la ligue formée contre eux?

Quand un prince cherche à opprimer la libertéd’un peuple étranger, par la fraude ou parla vio-lence, certes ce peuple a le droit de lui faire laguerre. Aussi l’on a pu blâmer la nation française del’avoir trop tôt déclarée , mais aucun homme de sensne l’accusera de l’avoir déclarée sans motifs légitimes.On peut lui reprocher d’avoir manqué de politique,mais non d’avoir blessé la justice. Voudriez-vousdonc ériger en principe de morale, que les seulesguerres justes sont celles qui se font pour le plaisirdes rois ?