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Tome douzième.
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LETTKE DE JDNIUS

La conduite de la France , dans les pays conquispar ses troupes, paraît surtout avoir enflammé lezèle constant de George III pour le bonheur de l’Eu-rope. Mais lorsqu’une nation occupe un territoireétranger, elle s’y empare exclusivement de la forcepublique ; c’est donc à elle seule qu’il appartient d’yassurer l’exécution des lois. Est-elle alors obligéed’employer cette force pour fair e exécuter celles qui,suivant son opinion, blessent évidemment le droitnaturel ? Vous ne trouveriez pas même dans l’uni-versité de Cambridge, qui vous nomme périodique-ment membre des communes, un seul professeurqui osât faire une réponse affirmative à cette ques-tion. Vous-même, si vous envoyiez une flotte s’em-parer de Goa, ordonneriez-vous à nos amiraux demaintenir les décrets de l’inquisition, quand mêmeces décrets les condamneraient à être brûlés commehérétiques formels? Or, les Français croient que ledroit de souveraineté appartient , d’une manièreégale, à tous les individus qui composent une na-tion ; que tout privilège héréditaire est, comme l’in-quisition , une absurdité et une injustice; que lesbiens consacrés à un culte quelconque ne sont pasla propriété des ministres de ce culte, mais celle dupeuple qui en conserve la libre disposition. 11 re-garde ces maximes comme des conséquences évi-dentes, nécessaires, du droit naturel. Sont-ils doncsi coupables de n’avoir pas soutenu , par la force ,les lois qui les violaient ?

Cependant, l’impossibilité de maintenir toutesles lois des pays conquis obligeait de faire un triage,