Band 
Tome douzième.
Seite
366
JPEG-Download
 

3G6 EXPOSITION DES PRINCIPES ET DES MOTIFS

exécuteurs des Jois faites par elle, et les agents desmesures d’administration qu’elle aurait déterminées,nous croyons avoir saisi le moyen le plus sûr deconserver l’unité, de concilier la liberté et la paix.

Nous n’ignorons pas que des amis éclairés de laliberté n’ont envisagé qu’avec une sorte de frayeurl’institution d’un pouvoir unique, dont l’autorité,bornée seulement par des lois écrites, n’auraitd’autres limites réelles que la résistance du peuple :mais c’est qu’ils n’avaient envisagé qu’une résistancespontanée, et dirigée seulement par l’opinion du mo-ment; au lieu qu’ici cette résistance s’exerce sousdes formes que la loi elle-même a prescrites. D’ail-leurs, dans tous les systèmes, dans celui de l’équi-libre, comme dans celui de l’unité d’action, on setrouve toujours conduit à cette question, aussi dif-ficile en politique qu’en morale, du droit de résis-tance à une loi évidemment injuste, quoique réguliè-rement émanée d’un pouvoir légitime. Car, si, d’uncôté, on doit alors regarder une obéissance durablecomme une véritable abnégation des droits de lanature, de l’autre, on peut demander qui sera lejuge de la réalité de cette injustice. Ici, ce juge, dontl’action est réglée par la loi même, est la majoritéimmédiate du peuple, le premier des pouvoirs poli-tiques, au delà duquel on ne peut aller sans altérerl’intégrité du pacte social, sans replacer l’hommedans l’état de nature, où il n’existe plus d’autoritéque celle des lois immuables, mais trop souvent mé-connues, de la raison et de la justice universelle.

Entre le corps législatif et les citoyens, qui doivent