DU PLAN DE CONSTITUTION. 383
l’auraient bravée. Mais on ne peut attribuer celtefonction à un tribunal sédenlaire, sans rendre cetteinstitution onéreuse à ceux des citoyens qui sontéloignés du lieu où il a été fixé. Cette révision seradonc confiée à des censeurs, qui siégeront succes-sivement dans les départements.
La peine de mort est abolie pour les délits parti-culiers. Cet acte de respect pour la vie des hommes,cet hommage aux sentiments d’humanité, qu’il estsi important de consacrer chez une nation libre, aparu devoir jouir de l’espèce d’irrévocabilité atta-chée aux lois constitutionnelles. Mais si, pour lescrimes qui attaquent directement la sûreté de l’État,la tranquillité nationale, la liberté ou la souverai-neté du peuple, la prospérité publique, il est néces-saire de conserver encore cette peine, il doit l’êtreégalement que chaque assemblée législative, jugenaturel des intérêts nationaux, puisse étendre ouresserrer une rigueur qui ne peut être légitimée, auxyeux de la nature et de la raison, que par sa né-cessité absolue.
Par là, du moins, cette peine irréparable, que nepeut prononcer sans frémir tout homme qui a ré-fléchi sur l’incertitude des jugements humains, ouqui a osé examiner les limites du droit des sociétéssur les individus, cette peine sera totalement étran-gère à la loi commune ; elle ne se présentera plus àl’esprit des citoyens que comme un sacrifice dou-loureux, mais nécessaire, exigé rigoureusement pourla sûreté publique, justifié parle droit de la défensenaturelle. Du moins, dans les temps paisibles, ces