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Tome douzième.
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386 EXPOS1TIOJV DES principes et des motifs

en vertu de la loi, malgré le vœu de la nature, qui,en les faisant des hommes, a voulu qu’ils restassenttous égaux.

Dans les temps anciens, les nations étaient uncomposé de familles auxquelles on supposait uneorigine commune, ou qui du moins remontaient àune réunion première. Les droits politiques étaienthéréditaires , et c’était par une adoption légalequ’elles s’affiliaient à de nouvelles familles. Mainte-nant, c’est par le territoire que les nations se distin-guent , et ce sont les habitants de ce territoire quisont essentiellement les membres de chaque asso-ciation.

On a prétendu que les droits politiques devaientappartenir aux seuls propriétaires des terres. Maisen observant l’ordre actuel des sociétés, on nepeut appuyer cette opinion que sur un seul motif;on peut dire qu’eux seuls existent sur le territoired’une manière indépendante, et ne peuvent en êtreexclus par la volonté arbitraire d’autrui. Or, en ad-mettant ce motif, on voit d’abord qu’il s’élève avecune force égale en faveur de ceux qui, par une con-vention, ont acquis le droit d’exister aussi sur leterritoire, d’une manière indépendante, pour untemps déterminé; et si on admet cette conséquence ,on voit la force de ce motif s’affaiblir peu à peu, etles limites du temps pendant lequel on exigerait quedevrait durer ce décret de résidence, ne pouvoir êtrefixées que d’une manière incertaineetpurement arbi-traire. On verrait même bientôt celles où s’arrête cetteespèce d’indépendance n’être plus assez marquées pour