4oo EXPOSITION DES PRINCIPES ET DES MOTIFS
qu’en faveur d’aucun autre; mais on l’aura obtenutel qu’il est dans la réalité; et que gagnerait-on àforcer de le prononcer davantage en apparence, àparaître avoir obtenu un vœu qui n’existe pas?
Les suppléants seraient pris d’abord parmi ceuxqui, ayant eu la majorité dans les premières voix,auraient été exclus par une majorité plus grande; etsi on a recours, pour la totalité ou pour une partied’entre eux, à la liste subsidiaire, ils seraient élusalors même à la simple pluralité.
Au reste, ce cas serait très-rare, et l’inconvénientqui en résulterait quelquefois pour les derniers sup«pléants, est plus que compensé parla facilité de ter-miner l’élection par un seul vœu et par un mode devotation aussi prompt que simple.
Les élections se formant ainsi dans les assembléesséparées, seront bien moins exposées à l’intrigue. 11lui serait presque impossible d’empêcher un hommed’un mérite réel d’être placé sur la liste des candi-dats, si les suffrages doivent naturellement l’y ap-peler. 11 serait également difficile à une cabale d’em-pêcher la majorité de se réunir en faveur d’un hommesupérieur, ou de la séduire pour un sujet vraimentindigne.
Examinons ensuite cette forme d’élection dansl’hypothèse de deux partis qui divisent les citoyens.En effet, une méthode d’élection qui deviendraitalors vicieuse, ne peut être admise dans une bonneconstitution ; car s’il est possible d’en écarter lespartis politiques, il ne l’est pas d’empêcher les partisd’opinion de s’y former et de s’y perpétuer.