5 I 4 LA NATION française
le joug imposé par ses pères ; celui qui sait adorerun Dieu sans fléchir le genou devant des prêtres;celui enfin qui veut n’avoir pour souverain que lepeuple dont il fait lui-même partie ; cet homme nedoit pas être traité par nous comme le citoyen d’unenation ennemie, comme le sujet d’un despote. Sidonc un peuple consent à devenir vraiment libre ;s’il veut se donner une constitution fondée sur l’é-galité, seule base sur laquelle notre confiance puisses’appuyer, et qui ne nous laisse à craindre ni lespréjugés des castes privilégiées, ni les égarements dela superstition, ni le fanatisme de la royauté, dèslors ce peuple devient pour nous une nation amie,dès lors nous marchons ensemble à la conquête dela liberté.
Des obstacles s’opposent-ils à la manifestation dela volonté souveraine, dépositaires passagers delàforce publique sur son territoire, c’est à nous de lesaplanir devant lui. L’autorité que nous nous som-mes réservée se borne à lui donner les moyens d’é-mettre librement son vœu, à exiger de lui qu’il leprononce. Nous pouvions le traiter comme un peu-ple sujet; nous lui demandons s’il préfère d’êtrenotre ami.
C’est donc pour avoir adouci le droit rigoureuxde la guerre qu’on nous accuse d’avoir offensé ceuxdes nations, et l’on nous dénonce aux peuples parceque nous leur avons offert les moyens de déclarercomment ils veulent être libres.
Cette loi, sans doute, renferme des dispositionssévères à l’égard des nobles et des prêtres du culte