.V TOUS LES PEUPLES.
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Chambéry elTurin étaient depuis longtemps l’asiledes Français, qui y préparaient en sûreté les moyensd’exciter des troubles dans nos départements méri-dionaux , et d’y faire déployer l’étendard de la ré-volte. fin ministre français dont on craignait la vigi-lance avait été refusé sous d’absurdes prétextes.
Si le roi de Sardaigne n’a pas attaqué la France,c’est que la présence de ses troupes dans la Savoie ,auxquelles les garnisons autrichiennes du Milanaisétaient prêtes à se réunir, suffisait pour nous forcerde conserver une armée sur les frontières ; c’est qu’iln’avait pas besoin de déclarer la guerre, pour faci-liter le succès de l’invasion de ses alliés par une di-version utile, sans danger pour ses Etats, sans dé-pense pour son trésor.
Depuis le commencement de la révolution , l’An-gleterre paraissait aux amis de la liberté l’alliée na-turelle de la France.
L’ancienne animosité nationale avait fait place,dans le cœur des Français, au sentiment d’une doucefraternité. Le peuple anglais semblait y répondre ;plus d’une fois on avait vu flotter dans nos fêtespatriotiques les pavillons réunis des trois grandspeuples libres. Mais cette union, dont la jouissancedes mêmes droits était le nœud sacré, blessait l’am-bition inquiète du gouvernement britannique. Il nevoyait qu’avec crainte une autre nation anglaisefleurir sous une constitution républicaine, tandisque le pouvoir royal était resserré en France dansdes limites plus étroites qu’en Angleterre, et quel’unité du corps législatif, l’égalité des citoyens, dé-