A TOUS LES PEUPLES.
5:j r
repos de leur patrie. On excitait contre eux des tu-multes populaires. Cette doctrine si consolante et sivraie, que les hommes tiennent leurs droits de lanature, était poursuivie comme un crime. Ainsi, eninspirant à la partie de la nation la moins éclairée,sa haine contre la France, le ministère britanniqueavait encore le triple avantage et de détruire dansl’opinion les principes de liberté qu’il redoutait, etd’arrêter le progrès des lumières dont il était effrayé,et d’accoutumer le peuple à souffrir avec patience,à voir presque avec joie les usurpations de son gou-vernement, les atteintes portées à ses franchises, etles lois contraires à sa liberté.
La loi sur les étrangers, la défense de laisser sor-tir des bâtiments chargés de grains pour la France,étaient des violations directes du traité de commercedont, surtout depuis notre révolution, l’Angleterreretirait presque seule tous les avantages. A ces ou-trages, à ces infractions des traités, la France n’op-posait que la raison et la patience. On arrêtait aumilieu de la paix, par un acte arbitraire, les subsis-tances destinées pour elle, et son ministre proposaiten son nom une convention qui abolit pour jamaisl’usage de la course en temps de guerre. Mais le ca-binet de Saint-James ne traite qu’avec des rois; ilne reconnaît pas les peuples libres, et c’est pourobéir à ce noble principe qu’il a froidement sacrifiéles intérêts du commerce, et volontairement aggravé,pour la nation anglaise, les maux de la guerre qu’ilpréparait.
Enfin, la nation française a cru devoir juger et