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Tome douzième.
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566
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566 CE QUE LES CITOYENS ONT DROIT ü’ ATTENDRE

Mais on doit une indulgence égale aux hommesqui, plus fortement frappés de ce qui les entoure,craignent de négliger leurs intérêts les plus pressants,en portant leurs vues sur un champ trop vaste.

C’est précisément parce que les hommes exagèrenten sens contraire, qu’on peut espérer d’obtenir, parleur réunion, des résolutions que la raison et laprudence puissent approuver.

L’intolérance des opinions, la fureur de fairedominer les siennes, si elles pouvaient se trouverréunies à un esprit juste, éclairé, capable de com-binaisons étendues, l’égareraient bientôt , et leconduiraient à des excès que, rendu à lui-même, ildésavouerait en rougissant.

Telles sont les réflexions que je soumets à mescollègues; écarté de la tribune par l’impossibilité deparler, sinon dans une discussion tranquille, j’aicru devoir employer un autre moyen de leur diredes vérités que je crois pouvoir être utiles.

Je pourrais peut-être aussi les occuper un momentde mes calomniateurs; mais j’aime mieux parler auxcitoyens de leurs intérêts que des miens.

Je servirai la cause de la liberté comme un hommefortement convaincu que le sort du genre humain ,pendant plusieurs générations,dépend du succès dela révolution actuelle. Je défendrai l’égalité des droits:elle seule, par des moyens paisibles et sûrs, peutconduire à cette égalité dans les moyens de bonheur,qui est le vœu de la nature, et qu’une société bienordonnée étend et perfectionne.

Étranger à tout parti, m’occupant à juger les choses