PRONONCÉ A LA CONVENTION , ETC. 5q5
En un mot, puisque le peuple n’a pu fixer lui-même ces bornes, puisque tout pouvoir indéfiniquant à sa durée, et dont le mode de révocationn’est pas déterminé, est évidemment incompatibleavec la liberté, c’est pour nous un devoir rigoureuxde suppléer à ce que le peuple n’a pu faire. Puisquela nation a le droit incontestable de retirer ce pou-voir, nous lui devons un moyen d’exercer ce droitd’une manière régulière, égale, uniforme, simul-tanée.
Ce n’est point quitter un poste que de demanderà ceux qui vous y ont placés s’ils veulent vous y con-server; ce n’est point l’abandonner lâchement que deleur demander la réponse à cette question pour lemoment du moindre danger. Un général qui dirait :À l’époque où les armées rentrent dans leurs quar-tiers, vous examinerez si je puis vous être encoreutile, pourrait-il être accusé de lâcheté ou d’indif-férence?
N’y a-t-il donc que sept cent cinquante Françaisqui aient des lumières et du patriotisme, qui aimentl’égalité, qui aient la royauté en horreur? Croit-onque le choix du peuple ne tombera pas sur ceuxd’entre nous qui sont les plus capables de servirou de sauver la patrie? Je ne comprends pas encorecomment les hommes qui craignent toujours que lamajorité réelle du peuple ne fasse de mauvais choix,n’aime pas la liberté, peuvent vouloir sincèrementune constitution démocratique. Que serait-ce qu’unerépublique où cette majorité réelle ne ferait pasconstamment la loi? Qui donc aurait le droit de
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