PROSPECTUS.
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uns le progrès, les autres la propagation des lumiè-res. Les premiers ne sont écrits que pour les hom-mes déjà instruits de tout ce qui est connu, parcequ’en général eux seuls peuvent acquérir ces con-naissances nouvelles et en profiter.
Les autres doivent être mis à la portée du plusgrand nombre des lecteurs ; mais le travail néces-saire pour atteindre à ce degré de clarté a des dif-ficultés réelles, et le peu de gloire qu’il en résultene dédommage pas de ce qu’il en a coûté pour lesvaincre. Heureusement, lorsqu’il s’agit d’objets im-portants pour le bonheur public, le plaisir d’avoirété utile offre des jouissances plus douces que cellesde la gloire. Le temps employé à faire entendre lavérité, même la plus simple, à détruire les erreurs,même les plus grossières, ne paraîtra jamais untemps perdu aux vrais amis de l’humanité.
Et lorsque ces erreurs pourraient corrompre lamasse entière d’un grand peuple , lorsqu’elles pour-raient l’exposer à des trahisons, lorsque la connais-sance de ces vérités, en devenant plus générale, peutle sauver de ces dangers; alors toute idée person-nelle doit disparaître devant ces grands intérêts.
La vérité n’est utile ni à l’orgueil, ni à l’ambi-tion, ni à l’avidité, ni aux passions particulières desindividus; elle ne fait le bien d’un seul qu’en faisantcelui de tous. Voilà pourquoi tant d’hommes se sontoccupés de séduire les nations, et que si peu ontcherché à les détromper et à les éclairer. 11 semblait,que l’esprit d’inégalité s’était glissé, en quelcfue sorte,même dans la philosophie, comme si la vérité ne
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