sur l'impôt progressif.
6ug
pas encore possible d’en fixer le montant: d’une ma-nière assez constante pour qu’il n’affecte que la pro-priété même, et n’influe point sur le sort du pro-priétaire?
D’abord les dépenses publiques ne sont pas toutesrigoureusement nécessaires; il en est qui ne sontqu’utiles; et, dans ce cas, elles ont pour limites lepoint où l’utilité de la dépense devient égal au malproduit par la contribution. Or il existe des dépensesdont l’utilité n’est au-dessus des privations occasion-nées par l’impôt, que pour ceux auxquels il n’ôlequ’un véritable superflu.
Ensuite la même dépense ne peut-elle pas avoirpour le riche une utilité dont il profite seul, sansqu’il perde rien de l’utilité commune à tous? Telleest, par exemple, dans la dépense des grandes routes,la commodité pour les riches de se porter rapidementd’un lieu à un autre pour des voyages d’agrément;tandis que l’utilité de ces mêmes routes pour letransport des denrées, l’activité du commerce, lesvoyages d’affaires, est la même pour tous.
Vous n’encouragerez pas véritablement les artsutiles, sans encourager, dans les produits de ces arts,une perfection qui ne sera jamais une jouissanceque pour le riche; et cependant il n’en profite pasmoins du plus grand degré de bonté qu’acquièrenten même temps les productions communes de cesarts. Vous ne pouvez même encourager l’agriculture,prise dans un sens général, sans faire des essais quin’aboutiront aussi qu’à multiplier pour le riche desjouissances d’agrément.