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Tome douzième.
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sur l’impôt progressif.

Il serait donc très-juste de dire : Tous les revenusseront proportionnellement imposés; mais au-dessusd’un certain terme, l’excédanl payera proportion-nellement une autre contribution. Celle-ci sera des-tinée à ces dépenses dont l’utilité, quoique réelle, nepeut dédommager celui à qui elle coûterait des pri-vations pénibles. Elle sera destinée à faire payer parles riches certains avantages exclusifs qu’ils retirentde dépenses faites, à la vérité, pour l’utilité géné-rale, mais dont il résulte nécessairement des jouis-sances qui ne peuvent être que pour eux seuls. Voilàencore un second sens dans lequel l’impôt progres-sif est conforme à la justice.

Cependant la nature même a marqué des bornesà cette espèce d’impôts. S’ils empêchent l’hommeriche d’augmenter ou de conserver sa fortune; sidès lors ils l’obligent de recourir à ces moyens se-crets de s’enrichir, toujours nuisibles à la prospériténationale, ils tarissent les sources de l’industrie; s’ilsoffrent un assez grand intérêt pour inviter à chercherdes moyens d’éluder la loi, ils corrompent les mœurspubliques; s’ils forcent l’homme opulent à dimi-nuer sa dépense, à dissimuler sa richesse, ils ruinentplusieurs branches d’industrie nécessaires à la sub-sistance actuelle du pauvre laborieux, ils produisentle goût d’amasser des trésors, de les augmenter encachette, de ne les employer qu’à séduire et à cor-rompre. Un tel impôt aurait l’effet des lois somp-tuaires rigoureusement exécutées, celui de rendrevraiment dangereuse l’aristocratie des richesses.

Aussi c’est l’aristocratie qui a presque partout