sur l’impôt progressif.
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établi ces lois, afin de concentrer, de perpétuer larichesse dans certaines familles, de forcer à l’em-ployer pour l’ambition, et non pour le plaisir.
Je sais que l’existence des grandes fortunes estnuisible par elle-même; qu’il est utile qu’elles serapprochent de l’égalité; je sais que, sans cela, l’é-galité même des droits ne peut être entière et réelle.Je sais que les grandes fortunes ne sont point né-cessaires à cette activité d’industrie, à cette heureusedistribution de travaux, à cette circulation, à cetaccroissement de capitaux, de richesses, qui permetau sol de se couvrir d’une population plus nom-breuse, et qui augmente, pour chaque génération,les moyens d’aisance et de bien-être. Mais aussi ladestruction subite, le déplacement de ces fortunes,et même le changement instantané de leur emploi,dérangeant la marche de l’industrie, la distributionactuelle du travail, le cours établi du commerce,peuvent réduire le sol d’un pays à ne plus nourrirqu’une population beaucoup plus faible, peuventcondamner plusieurs générations au malheur, pourrevenir lentement ensuite à une prospérité que l’onatteindrait beaucoup plus tôt et avec bien moins desacrifices, en détruisant l’inégalité de fortunes pardes moyens plus doux, qui même seraient plusefficaces.
Il est bon, en effet, d’observer que ces fortunescachées, tenues en réserve pour satisfaire l’ambitionet l’avarice, se perpétueraient plus longtemps ques’il avait été permis au luxe de les employer, à lafantaisie de les dissiper.