sur l’impôt progressif. 633
lage le pauvre dont il diminue les charges, sans lepunir de ce faible soulagement par des coups fu-nestes portés à la circulation et à l’industrie. Autre-ment il arriverait que vous ôteriez à une famille la-borieuse la moitié du produit de ce travail dont elletire sa subsistance, pour lui épargner un impôt dequelques livres.
Les richesses et le travail se distribuent, sur leterritoire d’une grande nation, suivant un ordre na-turel que les institutions politiques n’altèrent presquejamais qu’aux dépens de l’utilité générale. Cet ordreest favorable à l’égalité; il faut donc, pour le porterau plus haut degré, favoriser le vœu de la nature,et non le contrarier. Laissons donc les richesses separtager, se dissiper, et ne forçons pas à les conser-ver en forçant à les cacher; ne diminuons pas lavéritable richesse du pauvre laborieux, un travailassuré et constant dans le genre où l’habitude, et unapprentissage souvent coûteux et pénible, lui ontfait acquérir le plus d’industrie, en détournant lescapitaux ou les revenus de leur usage accoutumé.
On voit qu’il n’est question jusqu’ici que d’impôtsannuels, qui peuvent entrer dans l’ordre habitueldes finances d’une nation, et non de ces ressourcesextraordinaires qui ne peuvent être employées qu’unefois.
On peut alors agir avec moins de réserve, quantaux sommes exigées; mais on doit craindre d’userde ces ressources, parce qu’elles en épuisent de plusimportantes. L’utilité des sacrifices que peuvent faireles riches sera toujours bien au-dessous de celle qu’on