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Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
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LIVRE I.

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Mais un antre moine, qui voulait faire fortune, réfuta ce livre,et démontra <jue Pierre n’était pas l'Antéchrist, parce que lenombre 666 n était pas dans son nom. L’auteur du libellefut roué, et celui de la réfutation fut fait évêque de Rezan.

Le réformateur de la Moscovie a sur-tout porté une loisage qui fait honte à beaucoup ( 5, j d’états policés; c’est qu’iln’est permis à aucun homme au. service de l’état, ni à unbourgeois établi, ni sur-tout à un mineur, de passer dans uncloître.

Ce prince comprit combien il importe de ne point con-sacrer à l’oisiveté des sujets qui peuvent être utiles, et de nepoint permettre qu’on dispose à jamais de sa liberté dans unâge où l’on ne peut disposer de la moindre partie de sa for-tune. Cependant l’industrie des moines élude tous les jourscette loi faite pour le bien de l’humanité; comme si les moi-nes gagnaient en effet à peupler les cloîtres aux dépens de lapatrie.

Le ezar n’a pas assujetti seulement l’église à l’état, àl’exemple des sultans turcs; mais, plus grand politique, il adétruit une milice semblable à celle des janissaires; et ce queles ottomans ont vainementtenté il l’a exét^ité en peu detemps: il a dissipé les janissaires moscovites, nommés stré-lit s( M ), qui tenant les czars en tutèle. Cette milice, plusformidable à ses maîtres qu’à ses voisins, était composéed’environ trente mille hommes de pied, dont(“) la moitiérestait à Moscou, et l’autre était répandue sur les frontières :un strélitz n’avait que quatre roubles par an de paie; maisdes privilèges ou des abus le dédommageaient ' amplement.Pierre forma d’abord une compagnie d’étrangers, dans laquelleil s’enrôla lui-même, et ne dédaigna pas de commencer parêtre tambour, et d’en faire les fonctions; tant la nation avaitbesoin d’exemples! Il fut officier par degrés. Il fit petit-à-petit de nouveaux régimens; et enfin, se sentant maîtrede troupes disciplinées, il cassa les strélitz, qui n’osèrentdésobéir.

La cavalerie était à-peu-près- ce qu’est la cavalerie polo-naise, et ce qu’était autrefois la française quand le royaumede France n’était qu’un assemblage de fiefs. Les gentilshom-mes russes montaient à cheval à leurs dépens, et combattaientsans discipline, quelquefois sans autres armes qu’un sabre ouun carquois, incapables d’être commandés, et par conséquentde vaincre.

Pierre-le-Grand leur apprit à obéir par son exemple, e!par les supplices; car il servait en qualité de soldat et d’offi